Nichée sur la Nationale 2, entre Dakar et Saint-Louis, la localité de Ngaye Mékhé a une histoire qui se confond avec son savoir-faire en matière d’artisanat. Cette cité située à une trentaine de kilomètres de Tivaouane dans la région de Thiès, doit sa renommée nationale à ses chaussures en cuir, plus connu sous le label Dallu Ngaay (qui signifie les chaussures de Ngaye en wolof).

De génération en génération, le savoir-faire de Ngaye en matière d’artisanat, vieux d’un siècle, a traversé les âges et les frontières du Sénégal. Entre autres spécialistes de la filière cuir, les familles Guèye et Guissé qui portent respectivement les signatures « Cawaan » et « Maabo », déjà lauréats du Grand prix du chef de l’Etat, continuent de perpétuer l’héritage de leurs ancêtres.

L’art de façonner les peaux de vaches, de moutons ou de chèvres pour obtenir un cuir de qualité n’a pas de secret pour eux. L’ingéniosité de ces cordonniers se traduit par la beauté et la qualité des chaussures en cuir « Made in Ngaay ». L’originalité du design, le charme des motifs et de la texture, l’adresse dans la finition, sont les maitres mots qui s’ajoutent à la garantie certifiée du travail de ces fils du Cayor (nom du royaume de Lat Dior Diop, considéré comme le héros national du Sénégal).

À défaut d’un village artisanal, qui se trouve être l’une des préoccupations des artisans, les produits finis sont exposés de part et d’autre de la Nationale 2, à hauteur de la cité. Le marché hebdomadaire du lundi est le lieu de rencontre, depuis la période coloniale, des paysans et commerçants qui viennent de tous les horizons.

Aujourd’hui victime de la contrefaçon, la concurrence, l’insuffisance de la matière, l’activisme controversé de la Chambre de métiers de tutelle, le label « Dallu Ngaay » continue tant bien que mal d’entretenir son image d’antan.

En plus des chaussures en cuir, Ngaye produit également d’autres articles de maroquinerie (sacs à main, porte-monnaies…), vannerie, tissage, sculpture…

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